Archive pour psychothérapie

le maquis des psychothérapeutes

Posted in billet d'humeur avec des tags , , on 17 mars 2008 by psy des champs

Michèle, Martine et Francette sont certainement de gentilles dames. Aujourd’hui elles exercent comme psychothérapeutes dans de gentils coins reculés, ou le charme de la campagne vient envelopper le mystère de ces pratiques. Qui sont-elles? Des psychothérapeutes, c’est écrit dans les pages jaunes. Que font-elles? De la psychothérapie, mais laquelle, du développement personnel, de la revitalisation, traitent le surmenage, le stress, le sommeil, les troubles alimentaires, font des soins relaxant aux huiles, de la thérapie familiale, bref une vraie liste à la Prévert. Ce qui nous interroge, c’est pourquoi en tant que psychothérapeute a-t-on besoin d’indiquer les maux dans lesquels on est spécialisé? Une formation et un titre de psychothérapeute ne devraient-ils pas recouvrir ces questions? Si l’on estime que l’on est pas en capacité de répondre à la demande, ne convient-il pas d’indiquer à qui de droit?

Aujourd’hui encore, le titre de psychothérapeute n’est pas protégé et peut être utilisé pour celui ou celle qui après une illumination a décidé de “faire du bien” aux autres. A nouveau un décret concernant la formation des psychothérapeutes est dans les tuyaux du ministère. Ce vieux serpent de la discorde dans les lignes des tenants des psychothérapies conduit le public à s’avancer en aveugle vers ces “spécialistes”. Certains sont sérieux on peut le croire, mais combien d’autres charlatans s’appuyant sur la souffrance psychique pour faire son beurre sous couvert de bonnes intentions?

Les psychologues ont à faire entendre cette concurrence déloyale au sens où ces personnes se forment à côté des voies universitaires reconnaissant le titre de psychologue et l’habilitant, si il a suivi une formation en psychopathologie, à exercer comme psychothérapeute.

Qu’il y ait des magnétiseurs, des guérisseurs, c’est bien dans la tradition rurale, mais qu’ils le disent comme tel, et non dans l’utilisation d’un vocabulaire qu’ils n’ont pas construit et dont ils abusent pour capter trop de personnes désorientées et prêtes à remettre entre des mains leur histoire.

Si à la veillée on aime encore à conter des histoires, qui veille aujourd’hui sur les histoires de ces conteurs?

Des primes, Des pressions

Posted in billet d'humeur avec des tags , , , , , , on 1 novembre 2007 by psy des champs

La dépression chez l’adulte :

 

 

 

L’INPES, bras armé de la santé publique, nous offre sa nouvelle campagne: “La dépression chez l’adulte : en savoir plus pour en sortir”. Après l’indigestion médiatique du “manger des fruits et des légumes 5 fois par jour”, vous allez pouvoir goûter aux bienfaits des antidépresseurs et autres cocktails tant prisés. On va nous apprendre à distinguer la déprime et la dépression selon un modèle imparable offert par l’industrie pharmaceutique. Vous ne connaissez pas le CIM-10? Lui vous connaît puisqu’il sait qu’à partir d’un ensemble de critères vous allez rentrer dans cette catégories des tristes pathologiques. Une aubaine pour relancer l’ordonnancier des médecins, et capter une clientèle pendant des années. Après l’opium du peuple, le cachetonnage en masse. Bien sûr vous trouverez dans le guide de l’INPES la démarche à suivre en cas de coup dur. On y fera la promotion des psychothérapies et des psychologues. Oui, nous sommes encore là. Mais qu’apprend-t-on dans ce guide? Que les consultations de ces derniers en libéral ne peuvent faire l’objet d’une prise en charge par la sécurité sociale?

Alors qu’aujourd’hui on augmente à un rythme effréné les tarifs des consultations des médicaux, on demande aux usagers (et sans rire) de mettre la main au portefeuille, et comme on fait le triste constat que nous consommons trop de pilules magiques, il serait indécent d’imaginer une prise en charge des consultations des psychologues libéraux. Non c’est vrai, il faut comprendre.

Un article édifiant : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3238,36-967538,0.html
Mais surtout ce qui m’a choqué dans cet article c’est ça : “La dépression : en savoir plus pour en sortir”. Ce dispositif d’information (guide, site Internet, spots radio et télé) intervient alors même que les décrets d’application réglementant l’usage du titre de psychothérapeute n’ont toujours pas abouti. Et qu’il n’est pas question, “dans un contexte de déficit de la Sécurité sociale”, a justifié Roselyne Bachelot, ministre de la santé, de prendre en charge l’accès à un psychologue.

 

Des primes à la médecine, des pressions aux usagers.